Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /2006 00:00
15 décembre 2003, je me rends comme de temps en temps rendre visite à mon père. Je n'étais à ce moment là encore au courant  de rien.  Deux nouvelles  allaient changer le cours de mon histoire.
" Voilà, le premier janvier, je pars habiter un appartement en ville. Qu'est ce que je fais du chien? Je ne peux pas le garder; tu le prends ou je le ramène à la SPA ?".
A pareille déclaration, je ne m'attendais évidemment pas. Dans un élan de bonté, et puis parce que je ne pouvais pas laisser un chien que finallement je connaissais assez bien et avec qui je me prenais au jeu d'aller rendre visite plutôt qu'à un père grincheux, revenchard et de mauvaise foi; j'ai tout de suite accepté le deal. Dans mon esprit à ce moment là, il était clair que j'allais trouver une solution pour ce pauvre animal.
J'ai toujours adoré les animaux, les chiens tout autant; mais ce qui m'a toujours ennuyé chez un chien, c'est le fait qu'il faut du temps et de l'argent pour le nourir. Quelquepart dans mon fort intérieur, nourir un chien alors que tant de gens sur la terre se jetteraient dans leur gamelle pour se rasasier me prends aux tripes.
La semaine qui,a suivi cette déclaration, j'ai alors vu mon père s'activer autour de la niche de Rémie. Remise à neuf de la cave au grenier. Son ancien propriétaire - c'est ainsi que je dois maintenant l'appeller -avait le coeur à l'ouvrage, persuadé d'avoir trouvé le parfait pigeon qui finallement allait le décharger du sale boulot qu'aurait été sa remise à la SPA. Un chien de six ans, pas très éduqué, grognon, traitre et vicieux, n'aurait pas fait long feu derrière les barreaux du chenil de la mort.
Le 30 décembre, de retour du travail, je découvre la niche dans mon jardin. La mise en application dui plan B était manifestemment sur les rails.
Le 31 décembre, 17 heures, de retour du boulot, je n'ai évidemment pas eu beaucoup de surprise en voyant Rémie attachée à sa niche; son panier, ses médicaments et sa gamelle à l'abris des intempéries. Il faisait froid, je l'ai rentré. Mon calvaire de maître improvisé allait pouvoir commencé.
Le soir même, 20 heures, coup de téléphone de mon père : "Est-ce que tu as vu le chien?". Très ironiquement, je répondis que non. Mécontentement et énervements étaient bien perceptibles de l'autre côté des ondes. Je le rassurais "ben si que je l'ai vu, je l'ai rentré".
Et là, réponse que je n'oublierais sans doute jamais, sans doute preuve d'un génie de la communication ou de l'humour bien senti : "Tu aurais quand même pu me prévenir". J'étais sur le cul.

Epilogue : depuis, en tout et pour tout, une visite de l'ex-maître, deux coups de téléphone dont un pour s'assurer que j'avais bien enlevé la plaque de la remorque qu'il m'avait gracieusement offerte.
Le voilà donc parti comme un voleur, sans laisser d'adresse, sa nouvelle compagne - autiste du travail - sous le bras. A refaire le chien l'aurait mieux accompagné, au moins, il ne pue ni l'alcool ni la cigarette et travaille sans doute plus efficacement comme gardien de maison.

Moralité : il y a des gens qui ont des enfants parce qu'ils sont incapables davoir un chien. (citation de Coluche)
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